Le narval, le cétacé mystérieux des eaux froides
Le narval (Monodon monoceros), surnommé la “licorne des mers”, est un cétacé à dents, proche du béluga. Il se nourrit surtout de poissons, de crevettes et de calmars. Capable de longues apnées, il plonge profondément sous les eaux froides, sombres et difficiles d’accès de l’Arctique, ce qui contribue à son mystère. Mais sa particularité fait quand même parler de lui et interroge les scientifiques : sa “corne” spiralée.
Une dent pas comme les autres
Cette “corne” est en réalité une longue dent ! Elle traverse la lèvre supérieure et peut atteindre plusieurs mètres. Présente surtout chez les mâles, elle jouerait un rôle dans la sélection sexuelle : plus une dent est longue, plus le mâle est perçu comme un bon partenaire, et donc le signe d’une descendance viable et saine.
Et non, sa corne n’est pas non plus une arme magique : le narval utilise surtout son corps, ses capacités de plongée et son mode de communication (l’écholocation) pour chasser.
Le secret enfin révélé !
Une étude récente a mis fin aux interrogations des scientifiques et a révélé comment cette dent spiralée reste parfaitement droite et solide malgré sa longueur. Elle est composée de deux couches aux propriétés mécaniques opposées : la couche protectrice à l’extérieur, le cément, tourne vers la gauche, tandis que la couche intérieure, la dentine, s’enroule vers la droite. Cette opposition empêche ainsi à la dent de se courber. C’est une véritable prouesse technique !
Plus qu’une simple dent
Très sensible, cette dent contient de nombreuses terminaisons nerveuses. Elle peut détecter certaines informations sur l’eau, comme sa température ou sa salinité. Comme elle grandit toute au long de la vie du narval, elle conserve progressivement des traces chimiques de son environnement, à la manière des cernes d’un arbre.
Un témoin du climat arctique
Le narval dépend fortement de la glace de mer. Lorsque celle-ci se transforme, ses déplacements, ses prédateurs et son accès à la nourriture peuvent également changer. Certains narvals pouvant vivre jusqu’à 80 ans, l’étude de leurs dents permet donc de retracer les évolutions de leur environnement et de mieux comprendre les futurs changement de l’océan Arctique.
Et si on passait à l’action ? (deux activités à partir du cycle 2)
L’arbre, une archive naturelle. Connaissez-vous la dendrochronologie ? Cette science permet de dater les arbres grâce à leurs cernes et de reconstituer certaines variations anciennes du climat.
Objectif : Montrer que l’arbre, comme la dent du narval, est une véritable archive naturelle.
Matériel : Photographies ou coupes transversales de troncs d’arbres de différentes essences. Loupes
Déroulé : Observer les coupes de troncs. Repérer le centre et les cernes de l’arbre. Compter les cernes. Estimer l’âge de chaque arbre. Comparer le nombre, la largeur et l’aspect des cernes selon les arbres.
L’anatomie du narval.
Objectif : Identifier et replacer les caractéristiques anatomiques du narval.
Matériel : Schéma anatomique du narval à trous.
Déroulé : A l’aide du schéma, retrouver puis replacer les caractéristiques suivantes : longue dent spiralée, bouche, nageoire caudale (queue), nageoires pectorales, ventre blanc, oeil, évent, dos tacheté. Comprendre que le narval est un mammifère marin, plus particulièrement un cétacé à dents.