Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les herbiers marins ne sont pas des algues mais bien des plantes à fleurs. Ces plantes à fleurs qui poussent entièrement immergées, couvrent moins de 0,2 % des fonds océaniques… mais produisent 10 % de l’oxygène que nous respirons ! Une véritable usine à vie, invisible depuis la surface.
Prenons la zostère, reine des côtes bretonnes : ces herbiers stockent d’énormes quantités de carbone, bien plus qu’une forêt terrestre de même taille, tout en oxygénant l’eau. Mais leur rôle ne s’arrête pas là : ils abritent une biodiversité foisonnante (larves et juvéniles de poissons, coquillages, crevettes) et atténuent la force des vagues, protégeant ainsi les littoraux de l’érosion.
Mais avant de les réduire à un simple rôle écologique, saviez-vous que…
👉 Les herbiers sont des archives du passé !
Leurs racines forment un réseau dense dans le sédiment, appelé matte. Cette matte est composée de racines, de rhizomes (tiges souterraines) et de sédiments accumulés au fil du temps.
- La matte peut s’accumuler sur des milliers d’années, formant des couches épaisses (parfois plusieurs mètres). Elle est très résistante et peut persister longtemps, même après la mort des parties aériennes de la plante.
- Les racines et rhizomes poussent lentement, mais de manière continue, en s’étendant horizontalement et verticalement dans le sédiment.
En étudiant ces couches, les scientifiques reconstruisent l’histoire des océans, comme on lit les cernes d’un arbre.
💡 Ils inspirent la médecine !
Certaines molécules extraites des herbiers ont des propriétés anti-cancéreuses ou antibactériennes. La posidonie, plante aquatique typique des herbiers méditerranéens, produit des composés qui pourraient aider à lutter contre des bactéries résistantes aux antibiotiques.
🌊 Un écosystème en danger
Pourtant, ces joyaux disparaissent à un rythme alarmant : entre 1990 et 2006, près de 30 % des herbiers méditerranéens ont été détruits par les ancres, la pollution ou le réchauffement climatique. Leur déclin silencieux menace toute la biodiversité marine.
Et si on passait à l’action ?
Voici deux activités clés en main pour explorer ces enjeux en classe, avec vos élèves ou en famille :
1. Échantillonner les herbiers à l’aide de quadrats (à partir du cycle 3)
Objectif :comprendre ce qu’est un échantillonnage et savoir utiliser un quadrat, observer la biodiversité associée aux herbiers marins.
Matériel : quadrats (PVC ou bois) de 1m² , plaquette ou support, fiches de relevé, crayons.
Déroulé :
- Définir une zone sur le terrain où échantillonner les herbiers.
- Par groupes, lancer le quadrat au hasard dans la zone définie (échantillonnage aléatoire).
- Compter le nombre de “touffes” d’herbiers se trouvant dans le quadrat.
- Cycle 4 : estimer la surface couverte (en %).
- Dans le même quadrat, compter les petits crustacés, mollusques, etc.
- Répéter cet exercice au moins cinq fois.
Pour aller plus loin dans cet exercice, possibilité de comparer une zone protégée et une zone proche d’ancrage en faisant deux échantillonnages.
2. Observer la différence entre plante à fleurs et algue (à partir du cycle 2)
Objectif : reconnaître les parties d’un végétal, comprendre que la zostère est une plante à fleur, observer ce qui la différencie d’une algue.
Matériel : zostère ou image de zostère, schéma d’un végétal, algue ou image d’algue.
Déroulé :
- Observer et reconnaître les différentes parties essentielles d’une plante (racines, tige, feuilles, etc.).
- Observer les différentes parties d’une algue (stipe, fronde, crampon, thale, etc.).
- Comparer ces deux végétaux.
- Comprendre que la zostère est une plante à fleurs.